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Blogue | Art et culture

Robin De Leeuw : Quand la beauté jaillit de la difformité

Ce texte fait partie d’une série d’articles sur les artistes qui participent aux différents marchés de Noël de Brome-Missisquoi.

La vie a de ces retournements. Robin De Leeuw était jadis ébéniste et n’utilisait alors que des bois nobles et sans défaut, au grain uni, régulier. Devenu tourneur sur bois, il favorise aujourd’hui des pièces, qu’il aurait jadis rejetées en un clin d’oeil, pour en tirer des œuvres uniques.

Dans sa cour où il m’accueille, Robin De Leeuw me montre une pièce de bois massive qui attend son heure. Le segment de tronc est déformé par une tumeur – eh oui, ça arrive aussi dans le monde végétal, qu’on appelle loupe. C’est difforme, un peu monstrueux. Mais loupes, nœuds, bois coti ou altéré par des champignons, voilà dorénavant le territoire de création de  Robin. Il en fait naître des bols, des saladiers, des vases, très souvent utilitaires, mais toujours artistiques.

On pourrait dire que le registre esthétique du tourneur de Sutton s’avère assez étendu. Il utilise parfois des couleurs pour teindre des pièces aux formes épurées. Ailleurs, l’asymétrie règne, les contours et le fini sont irréguliers, il y a même des trous dans les parois. Il y a quelque chose dans ces œuvres d ‘à la fois contemporain et archaïque.
 

Le meilleur du pire

 
Robin De Leeuw utilise différentes espèces de bois pour ses créations dont l’érable et le cerisier. L’atypique a ses faveurs, ce qui serait un défaut en ébénisterie donne ici de la personnalité. Dans son atelier sous sa maison, un tronçon d’érable à sucre en instance de transformation. Le bois, me fait observer Robin, aurait du être blanc, mais la maladie l’a fait brunir. Bon spécimen. Autre exemple, l’érable à Giguère.  « C’est du mauvais bois, explique Robin. Il est mou, très linéaire, n’a pas de caractère, mais la maladie peut le rendre très intéressant. »

Robin a ses rabatteurs dans la région, qui savent ce qu’il veut et le fournissent en matériel. Ensuite vient l’étape de l’inspiration. Comment suivre la direction du bois, ce qu’il suggère ? Comment en gaspiller le moins possible ?  Le tourneur peut regarder un morceau jusqu’à six mois avant que l’idée ne germe… Et c’est sans parler des autres étapes, qui peuvent aussi s’échelonner sur un grand laps de temps.
 

Habiletés

 
Le parti pris de Robin De Leeuw pour les parias forestiers comporte son lot de problématiques.  Il faut par exemple composer avec des structures irrégulières. Le tourneur me montre une pièce qu’il est en train de façonner à partir d’une fourche d’arbre, dont le grain s’éparpille dans toutes les directions. Attention à la cassure! « Tu dois le tourner à la bonne vitesse, sinon il éclate. Mais ça donne des pièces qui peuvent durer des générations, assure Robin. »

Voilà 12 ans que Robin De Leeuw apprivoise le bois, avec sa scie à ruban, son tour à bois désormais informatisé. « J’ai repoussé mes limites techniques dit-il, j’ai évolué vers

des œuvres de plus en compliquées, de plus en plus sophistiquées. » On retrouve aujourd’hui ses œuvres dans diverses provinces canadiennes, aux États-Unis et en Europe.

Il sera possible de rencontrer Robin De Leeuw et de se procurer ses oeuvres  lors du Marché de Noël de Sutton qui aura lieu à au Parc des vétérans au coin des rues Maple et Pleasant les 26 et 27 novembre ainsi que les 3 et 4 décembre 2016.

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