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Dunham : Haut lieu de la contrefaçon de billets dans les années 1800
Art et culture

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Par Bernice Sorge 06 juillet 2017

Le nom secret du Chemin Hudon 

La plupart des résidents de Brome-Missisquoi ont déjà entendu parler du chemin Hudon, mais ils ne se sont peut-être pas baladés sur cette route de terre, plutôt isolée, sauf pour se rendre quelque part ailleurs. En 1987, j’ai acheté une vieille église abandonnée sur cette fameuse route. Mon premier projet fut d’établir une coopérative pour les arts de l’estampe et j’ai commencé à rénover tout en y accueillant plusieurs artistes qui n’avaient jamais expérimenté ces techniques.

Puisqu’il s’agissait de la première coopérative en techniques de gravure dans les Cantons de l’Est, le ministre de la Culture était prêt à soutenir cette initiative avec des subventions pour aider à la rénovation de la partie inférieure de l’église. Il a aussi contribué au soutien de la coopérative pour six ans. Tout au long de ces années, nous n’imprimions pas d’argent et n’en faisions pas, non plus !

Nous n’avions jamais entendu parler de la grande opération de contrefaçon qui se déroulait sur Hudon dans les 1800 ! Des faussaires avaient confectionné des estampes sur cuivre originales en forme de faux billets pour les marchés américains et canadiens. À l’époque, ce fut l’opération de la plus grande envergure dans toute l’Amérique du Nord. Aussi, attribua-t-on au chemin un nom que seuls les membres de la bande de faussaires et leur réseau élargi de collaborateurs utilisaient. On l’appelait la rue « Cogniac » pour cacher leur localisation des autorités.

Vers la fin de 2016, un voisin attira mon attention à ces évènements de l’histoire du Chemin Hudon, lorsqu’il m’apporta un article écrit par Heather Darch du Musée de Missisquoi. On y racontait l’histoire de Ephraim Knight (1787-1868), l’huissier qui tenta d’en finir avec ces producteurs de faux billets. L’article raconte qu’il fut souvent malmené physiquement par les faussaires qui voulaient le dissuader de les poursuivre.

Inspirée par ce que j’avais lu, j’ai creusé dans les livres d’histoire de la région et j’ai rencontré les gens qui avaient quelques anecdotes à me raconter. Plusieurs avaient entendu parler de cette opération sournoise et chacun avait une histoire à propos de cette période. J’avais l’impression de creuser dans la mémoire collective inconsciente des gens. Un titre me vint à l’esprit : bientôt disponible ! « Les Presses du comté de Brome-Missisquoi ». Naturellement, tout était encore à faire. Un titre ne vaut rien sans un plan. En 2017, j’ai présenté mon projet à Maguy Carpentier, conseillère municipale de Dunham, qui a réagi avec beaucoup d’enthousiasme.

Description du projet des « Dunham Dollars »

Bernice Sorge créera des gravures sur cuivre utilisant des photos de personnalités importantes durant les premières années de l’établissement de Dunham. Ils figureront en camée sur de faux billets. Ces estampes originales seront reproduites commercialement dans un livret de bons de réduction qui pourront être utilisés pour acheter des produits locaux au village. Le billet de trois dollars est particulièrement populaire et les autres sont tous aussi faux !  

Alors que je poursuivais ma recherche, on a découvert deux des plaques d’impression datant des années 1800. Elles étaient exposées au Musée de Missisquoi à Stanbridge-East. On m’a donné la permission d’exhiber les plaques ainsi que de faire des estampes, pressés manuellement, à partir de ces dernières. Une quantité limitée de celles-ci seront vendues au public. Ces estampes seront disponibles pour achat à la Gallery-Studio Sorge ainsi qu’au Musée Missisquoi Museum.

Les estampes sur plaque en cuivre à tirage limité que j’ai créées pour le 150e de Dunham, seront à vendre lors du lancement du projet « Dunham dollars », qui se tiendra le 15 juillet à la Brasserie de Dunham. De plus, elles seront aussi disponibles à la Galerie-Studio Sorge sur la rue « Cogniac » à Dunham. (shhh ! 1626 chemin Hudon) tout au long de l’été et de l’automne. Ils seront aussi exhibés au Bureau de tourisme de Dunham. « Finalement, je fais de l’argent, c’est un rêve pour un artiste ! »

Pour plus d’information et pour connaître les heures d’ouverture, téléphonez au 450-295-2567, pour un rendez-vous, ou consultez les sites suivants :

www.studiosorge.ca

www.ville.dunham.qc.ca/

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Bernice Sorge

http://bernicesorge.ca/

Bernice Lutfie Sorge est une artiste-peintre originaire de la Nouvelle-Écosse. Elle a étudié travaillé et vécu un peu partout au Canada ainsi que dans différentes régions du monde dont l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et l’Europe. C’est finalement dans la région des Cantons-de-l’Est au Québec qu’elle se pose dans les années 70. En 1987, elle installe son atelier dans une église patrimoniale abandonnée à Dunham.

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